« Un an vers Jérusalem », de Capucine Vassel. Editions Parole et Silence

Hop. Chez des voisins.

phs_7900Un an vers Jérusalem, de Capucine Vassel aux Editions Parole et Silence,19€, ISBN 9782889185207.

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Née en 1979, Capucine Vassel est artiste peintre, diplômée en arts plastiques et en peinture décorative Mère de quatre enfants, elle partage son temps entre activité artistique et vie familiale.

Tout a commencé un soir de janvier un peu arrosé, avec cette question : « Qu’est-ce qui fait une vie réussie ? ». Deux ans et demi plus tard, nous partions, pour une année de pèlerinage avec nos quatre enfants, vers Jérusalem.
10.000 kilomètres ont été parcourus, à vélo, à pied, en voiture, en bus, en bateau, en avion, en train. Neuf pays ont été traversés, au gré des rencontres, recourant le plus souvent à la générosité des personnes croisées le long de la route pour trouver un logis.
Ce témoignage a l’ambition de délier des ailes. Par ce récit nous voulons raconter la richesse, la…

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20 juin 2015 : LE LIVRE, la propagande.

HIIIIII MES CARTONS SONT ARRIVES.

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En fait, c’est une gestation, ce truc.
9 mois (si si) d’écriture, de retouche photo, de corrections, de relectures, de maquettes, d’ajustements, de nuits sans sommeil (parce qu’on est en retard), d’inspiration erratique, et là tout à coup, la sortie imminente du fond des méandres des entrailles de l’imprimerie.

Et le voilàààà.

couverture

Toutes mes félicitations Madame : c’est un livre.

Tout vient à point à qui sait attendre,
la sortie officielle, c’est jeudi.

Et là, crois-moi, c’est vraiment l’achat à ne pas rater, ta garantie pour de super vacances reposantes et ensoleillées, le must-have de ton été tu vas voir (attention, voici le brocoli vapeur commercial) :

Bonjour, je suis votre meilleur atout marketting.

Bonjour, je suis votre meilleur atout marketting.

C’est – presque – les vacances et tu cherches un bon intermédiaire entre le magazine Voilà et le Goncourt de la biographie 2015, paf, Un an vers Jérusalem. C’est parfait : moins de 200 pages (pas trop long, c’est bon), avec des images et des petits apartés à gauche à droite, dans ce style inimitable que tu connais si bien maintenant, mais en mieux (je m’ai vachement appliqué, je crois même avoir utilisé deux fois le passé antérieur).
En plus j’y évoque Moïse au moins une fois, ce qui fera une allusion subtile au Goncourt susnommé et te donnera l’impression gratifiante d’avoir lu un truc équivalent, mais sympa.

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Un an vers Jérusalem : pour avoir l’air intelligent, votre meilleur stratagème.

 

C'est quand même plus sympa avoue.

C’est quand même nettement plus sympa, avoue.

C’est l’été, et à moins d’avoir choisi de passer tes vacances entre Fécamp et Zeebrugge, ou entre Perros-Guirrec et Ploudalmézeau, il devrait faire plus de 12°C. C’est parfait : nous aussi on a eu chaud – souviens-toi même qu’on t’a tué avec des photos de plage au mois d’octobre – t’es complètement dans l’ambiance. Le livre se prête par ailleurs vachement bien au stockage de sable, de miettes ou de brins d’herbe entre les pages, voire au passage d’escargots : le pelliculage mat de sa couverture permettra le dessin de trainées de bave hyper bucoliques. Je pense même que tu dois pouvoir y faire quelques traces de gras bienvenues en le laissant près du barbecue (astuce pratique : tu peux aussi le mettre dans le barbecue pour donner du goût à tes brochettes), ou en le passant à ton beau-frère intrigué par cet ouvrage à l’air si remarquable stratégiquement oublié entre les Curly et le saucisson sur la table de l’apéro.
Si tu es à Ploudalmézeau, ne sois pas triste : Un an vers Jérusalem fera un excellent combustible pour ton poêle à bois. Et si tu es au-delà de Zeebrugge, pas de panique : ses belles pages colorées, à la fois nourrissantes et digestes, t’apporteront tous les colorants toxiques dont tu as besoin pour avoir quelques belles hallucinations.

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Avec Un an vers Jérusalem, préservez l’écosystème.

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Ah, ce colorant bleu de Prusse, tu m’en diras des nouvelles.

Autre option : c’est l’été mais ce ne sont pas les vacances du tout pour toi, j’ai ta solution : Un an vers Jérusalem, et aussitôt tu t’évaderas dans des contrées lointaines, tu sentiras le soleil brûler ta peau et le vent fouetter ton doux visage, tu auras l’impression de goûter à cette mémorable tête de mouton grillée offerte par un généreux Crétois. N’attends plus ! tends un hamac entre ton bureau et ta porte, enlève tes chaussures, mets donc tes lunettes de soleil, et lis.

L’été vient avant l’hiver, et n’oublie pas : Noël approche. C’est parfait : Un an vers Jérusalem est un cadeau idéal entre, allez, 0 et 120 ans.
De 0 à 3 ans il peut servir d’encas quand tu es en panne de biscuits (sans sucre, sans gluten, sans lait de vache, sans conservateurs), de 3 à 6 ce sera un cahier de coloriage parfait pour la messe, de 6 à 10 ce sera un recueil fantastique de feuilles à origami. Tu arroses tout le monde, et comme ça tu as déjà économisé une énergie de dingue. Et ça, c’est fait (merci qui).
Histoire de personnaliser un peu, je dédicace tout ce que tu veux (pas cher pour toi), et même, si tu me laisses un peu de préavis, je te fais un dessin dans un coin (et si tu es vraiment très motivé, les enfants peuvent aussi s’y coller).

'mais qu'est-ce donc ?'

Un an vers Jérusalem : le cadeau qu’on aime !

Joyeux Noël mon lapin. Regarde, il faut faire des moustaches à la dame à gauche.

Joyeux Noël mon lapin. Regarde, il faut faire des moustaches à la dame de gauche et colorier les T-shirts des gens à droite.

Tu as lu trop tard et la lumière de ta chambre a grillé ta présence auprès de hordes de moustiques venues de tout le canton ? Un an vers Jérusalem dans la face. Ils feront moins les malins quand ils seront incrustés dans le pelliculage mat de la couverture. La table de salle à manger est bancale ? Son format idéal stabilisera les meubles les plus retors. Tu manques subitement d’une planche à découper ? Un an vers Jérusalem est là. Exorcisme, désenvoûtement, argent, santé, chance, retour de l’être aimé en 48h ? Un an vers Jérusalem, et il n’y paraîtra plus.

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Un an vers Jérusalem : la solution à tous vos problèmes.

Tu veux un peu de spi, il y a du spi. Tu veux du voyage, de l’aventure, de la famille, tu auras du voyage, de l’aventure, de la famille. Tu veux savoir si on est tous morts sur l’Olympe, tu le sauras enfin. Tu veux un épilogue de OUF, prépare-toi au pire.

Maintenant que je te sens complètement fébrile (t’as vu, brocoli vapeur et tout), voilà les 1000 et une manières dont tu pourras mettre mon éditrice, ton libraire, et même nous, en rupture de stock dès le jour de sa sortie, en fonction de ton caractère :

1. Tu es bio-friendly, éco-responsable voire alter-mondialiste, voilà ta solution :
Avec ton sarouel et un sac en poil de chameau des hauts-plateaux du Penjab, tu te rends dès le 25 juin dans la librairie la plus proche (car tu encourages le commerce de proximité), sans oublier un annuaire (tu vas comprendre). Tu demandes tes exemplaires et la programmation des séances de dédicace, et si on te répond qu’on ne sait même pas qui est cet auteur obscur avec ses trucs nazes, qu’on n’a jamais entendu parler de ce bouquin et qu’on n’y compte pas trop, tu destockes ton annuaire et tu l’écrases avec force et condescendance sur la tête du responsable avant de partir en secouant la poussière de tes sandales (en cuir de chèvre bio sans paraben). Ce sera pour eux un témoignage.

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2. Tu as une flemme intersidérale de décoller tes fesses de ta chaise derrière ton ordi, là tout de suite, voilà pour toi :
Tu ouvres un nouvel onglet, tu tapes, ou mieux tu copies-colles ceci : « Capucine Vassel Un an vers Jérusalem », et tu vas précipiter le déclin économique de ton pays, voire de l’union européenne, en allant acheter ton sésame en prévente sur les sites d’Amazon, FNAC, Leclerc, le Furet, Gibertjoseph, Decitre, Laprocure, Lalibrairie, Exlibris(.ch) si tu es Suisse, Alivreouvert(.be) si tu es Belge, Archambault(.ca) si tu es au Canada. IL EST PARTOUT. Facile, livré chez toi, impec.

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3. Tu es TRES TRES rapide et tu veux une version luxe avec des caces-dédi sans te déplacer aux séances – dont je n’ai pour l’instant pas la moindre idée de l’endroit et le moment où elles vont intervenir – voilà pour toi :
Tu écris tout de suite (j’insiste : tout de suite) un mail par la messagerie de ce blog (bouton « Ecrivez ! » en haut de la page), ou directement à unanversjerusalem@gmail.com si tu préfères.

Tu intitules ton message « commande de x livre(s) » (pas plus de 3, sinon en deux jours j’en aurai plus) et dedans tu me donnes : ton nom, ton adresse postale, qui tu veux voir gribouiller et faire des traces de doigts (voire baver, dans le cas de Bubulle) sur la page de garde de ton bel exemplaire tout neuf, à qui est destinée la cace-dédi et tout. Je te renverrai les modalités de paiement et tout s’arrangera pour le mieux. Je te posterai ton petit paquet sitôt le 25 juin arrivé.
J’ai quelques exemplaires en ma possession, mais pas non plus des tonnes. Donc si c’est ça que tu veux, dépêche-toi : premier arrivé, premier servi.

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4. Tu es un fan inconditionnel limite psychotique, tu voudrais nous voir en vrai, m’embrasser les pieds et les essuyer avec tes cheveux, offrir des fleurs au Grand Mufti et t’occuper des enfants pendant que je satisfais aux exigences de ma nouvelle condition de personnage public en posant pour des selfies et en jetant des autographes aux foules en délire, voilà pour toi :
Tu vas liker et suivre très vite la page officielle « Un an vers Jérusalem » sur Facebook

(là : https://www.facebook.com/unanversjerusalem?ref=aymt_homepage_panel )

et/ou le compte Twitter @tantemoyu (c’est moi)

et tu guettes les annonces d’apparitions publiques avec frénésie en likant systématiquement tout ce qui passe. Peut-être qu’il n’y aura aucun programme (pour l’instant je n’en sais rien du tout), mais en tout cas tu seras à fond. C’est important.

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5. Tu trouves ce bouquin beaucoup trop cher / sa couverture fait trop années 70 / ses photos sont même pas droites / c’est mal écrit / ça raconte des trucs insipides / les enfants font des réflexions farcies / c’était même pas vraiment un an vers Jérusalem, en fait / et en plus on y évoque Dieu (au secours), voilà pour toi :
Tu achètes dès que tu en vois tous les exemplaires disponibles pour immédiatement les mettre dans une poubelle, ou pour remplacer avantageusement le papier toilette dans ton modeste domicile. Tu auras bonne conscience, et tu auras bien raison.

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Pour compléter la parfaite connaissance que tu as du sujet à présent, voici les derniers détails dont tu as besoin :

Un an vers Jérusalem, Capucine Vassel.

Editions Parole et Silence

19€

ISBN 9782889185207

Sortie officielle : 25 juin 2015 (c’est un jeudi)

Tu sais tout. Et maintenant, comme dit Bubulle en ce moment, épée en mousse au poing, sourcil froncé, enjambée décidée et doigt vengeur :

Rhàà lll’attââââaque.
(A la prochaine)

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Un an après le retour, Le retour (un autre, donc).

Cher gens,

Ben tu m’as bien manqué je vais te dire. Et tu me manques encore. Hyper.

Comme l’espace, la tente, les langues étrangères, les personnes rencontrées partout, la terre de Jésus, le Grabataire Archimède et mes poussins tout le temps autour de moi, cette liberté faite de choix intransigeants et de rythmes draconiens, de nourriture n’importe quoi et de grosse fatigue physique qui me faisait invariablement m’endormir au moment de faire l’école aux monstres, ces paysages de ouf, ces routes, nos sacs, le loin ensemble, le nouveau tout le temps. C’est toute la difficulté de rentrer.

On rame durement pour retrouver et re-rentrer dans ses vieilles chaussures, pour se conformer à nouveau à cette existence, qu’on s’était sculptée au fil des années, ou qui nous avait sculptés (je ne sais plus très bien), et qui semble d’un coup tellement étriquée, toute naze, toute pourrie. On n’a vraiment pas envie, je vais te dire. Retourner bosser, retrouver une maison, plein de casseroles dans la cuisine et de fringues dans les placards (mais… mais qu’est-ce que je vais faire de tout ce souk ?), cette routine boulot-école-solfège-piscine-rugby-machin, pitié non, tout sauf ça. Sauf qu’on n’a pas trop le choix. Hein. Rapport aux finances on l’avait plus du tout, même.

Le rugby, ou comment faire le taxi 4 fois par semaine (pour récupérer des sanglochons couverts de bouillasse).

Le rugby, ou comment faire le taxi 4 fois par semaine (pour récupérer des sanglochons couverts de bouillasse).

 

Face à notre miche de pain noir, on a choisi, faute de mieux, de faire contre mauvaise fortune bon coeur : c’était ça qu’on avait à vivre maintenant, alors en avant , et merde et basta.

Oui, mais des sanglochons contents avec leurs nouveaux amis.

Oui, mais des sanglochons contents avec leurs nouveaux amis.

Et pis voilà, en fait on avait pas complètement été abandonnés par Là-Haut. Ce bloody syndrome d’Emmaüs est repassé par là, et je dois bien dire que c’est en me retournant sur cette année que je vois encore et encore des coups de pouces incessants. La maison, l’école, les projets, il y a eu tout un tas de trucs suspects, des dates bizarres, des coïncidences trop grosses, des retournements de situation inimaginables, qui nous ont fait penser que l’armée de ceux à qui on est passés dire bonjour pendant le voyage nous ont renvoyé la politesse (je te dirai pas tout parce que tu dois lire tout ça dans une sorte de livre qui sort bientôt, mais j’y viens). On a dû, peut-être, apprendre à un peu mieux écouter, pendant ce voyage, aussi… Au final, je sais pas trop si c’est nous qui entendons mieux ou si le Ciel se bouge plus pour nous maintenant qu’on a bougé pour Lui. N’empêche, on s’est encore faits rattraper par les cheveux un paquet de fois pour être remis sur la bonne route ces derniers mois.

Il faut commencer par mentionner la vue depuis la fenêtre de la cuisine tous les matins, et spécialement en hiver. Pour réparer le manque de beau sûrement.

Dans les trucs étranges, il faut mentionner la vue depuis la fenêtre de la cuisine tous les matins, et spécialement en hiver. Pour réparer le manque de moche, sûrement.

Et dans tous les trucs qui sont arrivés, ou en train d’arriver, il y a celui-là :

LE BOUQUIN

Le bouquin, c’était un truc programmé pour ne pas marcher. Le plan devait tomber à la flotte, et il était d’ailleurs fort bien parti pour : le projet, un peu trop gros (et par conséquent un peu trop coûteux) pour une maison d’édition (surtout catho), promu par la commerciale à peu près aussi douée qu’un brocoli vapeur qu’est Votre-servante, s’est heurté à toute la panoplie des réactions négatives possibles, au fil des dizaines de mails envoyés. Du coup de fil charmant mais hélas sans suite du gars qui s’est fait pressuriser la tronche par Mon-seul-piston-dans-le-métier à l’absence totale de réponse, en passant par le courrier qui commence par « Monsieur, », celui qui affirme ouvertement qu’il n’a rien lu de ce que je lui envoie (« – Nous ne recevons pas de manuscrit par courrier » ; « – C’est pas un manuscrit, Jean-Pierre, tu m’as mal lue » ; « – Oui mais il faut envoyer les manuscrits par courrier »), celui qui émane péniblement du sous-stagiaire (celui qui est en classe de 3ème) de la secrétaire du bureau d’accueil en bas à l’entrée (« Bonjoure, Merci de nous envoyé votre manuscrit a cet adresse »).

Et puis soudain, dans la dernière salve, celle de la dernière chance, paf. Jackpot. Aux dires de Mon-seul-piston-dans-le-métier : « Là, Mémé, c’est juste le top, t’as décroché la lune. »

Elle a rajouté « Bravo » mais sur ce coup-là, je SAIS que j’y suis pour rien. Rien du tout. C’est pas moi. N’empêche que voilà, c’était parti. Adieu auto-édition, travail d’amateur, bricolage farci, montage photo à 100 balles.

Je me suis essoré les neurones sur mon clavier pendant quelques mois, avant de m’exploser les yeux sur mon écran pour retravailler des photos parmi les plus sympas, et avant encore de reprendre mes crayons – voire mes pinceaux – pour pondre quelques dessins. J’ai rendu ma copie, et là, en ce moment, elle passe dans la grande lessiveuse éditoriale et dans les pattes des graphistes pour prendre un aspect un peu plus sympa.

Genre un peu plus sympa comme ça.

Genre un peu plus sympa comme ça.

D’ici un bon mois, tu devrais pouvoir te procurer le fruit d’un an de voyage et de quelques mois de boulot conjoints de l’Ebouriffant Ménélas, sa modeste épouse et leurs enfants, de relecteurs qui envoient du pâté, et d’une maison d’édition toute entière.

Et tout ça pourquoi ? me diras-tu. Bonne question. Mais j’y ai réfléchi, tu ne m’auras pas.

Pourquoi ? Eh bien c’est simple :

Parce que… parce que voilà. Je peux pas le dire.

Sinon je spoile tout mon boulot, là, tu comprends, je… non, il faut attendre un peu : je vais pas t’envoyer direct l’épilogue. Je veux bien être un brocoli vapeur commercial, mais il y a des limites quand même.

Bonjour, je suis votre meilleur atout marketting.

Bonjour, je suis votre meilleur atout marketting.

Mais ça vient bientôt. Et comme disait feu mon beau-père : « on n’a jamais été aussi proche ». Il avait bougrement raison.

Voilà. : )

A...

A…

...la...

…la…

... prochaine.

… prochaine.

 

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22 juillet. Ou presque.

« Les jours viendront où l’Epoux leur sera enlevé, alors ils jeûneront. » (Luc  5 : 35 ; Matthieu 9 : 15 ; Marc 2 : 20).

Ulysse est parti hier faire sa rentrée. Et en fait, j’ai pas faim.

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Il y a un an à la même heure, c’était J-8. Ca y est, la boucle est bouclée. Ca fait Un an vers Jérusalem ou presque enfin pas tout à fait bon zut, à peu près pile-poil.

Du coup, ça coïncide avec d'autres événements récurrents.

Du coup, ça coïncide avec d’autres événements récurrents.

Rentrer, c’est raide.

Depuis 2 mois, on est tombés dans les bras de nos parents et de nos amis, qui ont finalement posé assez peu de questions, ce qui prouve que le blog avait bien fait son office. Ils se sont extasiés sur la croissance des enfants et la belle mine burinée des parents, on a sauté de maison en maison quelque temps, et puis pouf. Fini.

On n'a pas perdu tout de suite les bonnes habitudes de dormir n'importe où, n'importe quand, cela dit.

On n’a pas perdu tout de suite les bonnes habitudes de dormir n’importe où, n’importe quand, cela dit.

On est arrivés chez nous, on a déblayé un an de poussière, dépiauté un an de courrier (mais quelle est donc cette étrange missive datant du mois d’octobre nous demandant 60 euros écrite en flamand ?) déballé un an de voyage, et rangé tout ça avec un serrement de gorge.

On a appris qu’Ulysse devait aller travailler pas du tout là où c’était prévu, et alors on a commencé à prévoir le déménagement, on a trouvé une maison et une école.

Dans cette région-là.

Dans cette région-là (t’es bien avancé hein).

Les cartons de l’année dernière n’étaient même pas encore tous défaits.

On a aussi préparé la fête du 5 juillet, pour laquelle le Frère G. et tout un tas d’autres gens trop sympas ont fait le déplacement, de Jérusalem, du Venezuela, de la maison voisine.

Le mouton

Du mouton

Des gens sympas.

Des gens sympas.

Du tard dans la nuit.

Du tard dans la nuit (j’ignore qui a pris cette photo).

Il y a eu une messe où – après une homélie gratinée où on s’est fait traiter d’outres à vin – il y a eu une ou deux petites poussières dans l’œil, dont celle du Frère G. quand il a reparlé de cette belle journée ‘la pire de sa vie’, où on l’a passé au mixeur sans faire exprès, en décidant de nous orienter dans les gorges d’Arbel (près du Lac de Tibériade) à l’azimut.

A la fin, quand on a terminé avec le chant du pèlerinage – celui qu’on a hululé partout et tout le temps – je nous ai revus dans des églises orthodoxes, en camping sauvage au milieu de nulle part, disant au revoir à des gens qui nous avaient gentiment accueillis, faisant une pause au milieu d’une étape, dans le soir tombant, sous la bruine, dans le désert, dans la neige, sur la route. Il y a une grosse boule d’émotion qui est remontée dans ma gorge. Ma voix a un peu déraillé.

C’était vraiment une belle année, où on était dans le Vrai, la meilleure part, l’Essentiel. On veut pas que ça s’arrête.

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C’est difficile de rentrer, parce qu’on retrouve tout l’étouffement de ce quotidien qui nous a décidés à partir. On est pleins de gratitude et en même temps on fait les enfants gâtés. De nouveau, les journées sont trop courtes, on se parle moins, on se dilue dans des activités plus ou moins constructives. Et pourtant, rien n’est plus pareil, on a changé, on voudrait que ce retour à une forme de normalité porte la marque du voyage d’une manière plus évidente, plus ostensible (on pourrait camper dans le jardin par exemple. Ou revendre la voiture. Manger uniquement des pâtes avec de la soupe lyophilisée. N’avoir plus que 2 tenues vestimentaires. Jeter le lave-linge aux orties. Ou couper le chauffe-eau ?).

On perd aussi le fil de Là-Haut, un peu, c’est clair. Lui ne nous perd pas, hein, on en est bien conscients, mais nous, on sait plus bien comment Le trouver avec la même force, le même abandon, la même évidence et la même puissance que sur la route. Ca coulait de source, maintenant nettement moins. L’unité familiale saute beaucoup moins à la figure, du coup ça se tape dessus avec plus de ferveur (n2 et n3 sont très assidus, hier le cadet était à la recherche de son frère avec un marteau et un couteau de cuisine).

Prends ça dans ta face.

Prends ça dans ta face.

Ayêêêteuh. Kagueule. Guégaze. (sic)

Ayêêêteuh. Kagueule. Guégaze. (sic)

Je te préviens : sitôt que Maman a pris sa photo, je t'étrangle.

Je te préviens : sitôt que Maman a pris sa photo, je t’étrangle.

On voudrait porter du fruit, mais la joie, l’insouciance, cette impression tenace et galvanisante d’être à sa place, l’émerveillement, les chaussures qui s’usent sur le pavé, le bruit des tentes qui se déplient, le goût de ce truc à base de vieux pneu qui sert de fromage aux Grecs, le soleil qui tape sur les mollets, tout ça nous manque. Quand on a bu à la source, on devient des poules de luxe. Le Frère G. a dit que justement, quand on admet qu’on ne sait plus ce qu’on doit faire, quand on accepte et qu’on regarde en face son impuissance, alors enfin le Grand peut commencer à bosser. On en est un peu là, je dois dire. Et c’est pas confortable du tout.

Cela dit, il y a une chose quand même : il y aura un bouquin.

Parce que si, en plus d’être terminé, ce pèlerinage ne porte pas ce fruit-là, on a l’impression de passer complètement à côté. J’ai besoin de revenir sur ce qu’on a fait. Et j’ai encore plein de trucs à raconter. La digestion est venue par-dessus le récit initial, et elle a mis au clair tout un tas d’idées qui étaient floues ou trop brutes pour pouvoir être exprimées.

Il faudra que je te raconte ce qui nous manque le plus, maintenant que c’est fini, et que c’est pas ce qu’on attendait. Il faudra aussi que je te parle de ces gens qui nous ont marqués et dont on a pas eu le temps de parler. Il faudra que je dessine. Il faudra que je t’explique le syndrome d’Emmaüs, et d’autres trucs.

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Donc, respire calmement et prends, toi aussi, ton mal en patience : tu n’es pas encore totalement débarrassé de nous.

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Voilà.

A...

A…

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...la...

…la…

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... prochaine.

… prochaine.

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15 mai. Bon. Voilà.

Au départ, on n’était pas très nombreux. Mais ceux qui avaient fait le déplacement étaient ceux qui ont marqué notre route cette année.

IMGP4116Il y avait Michèle et Alexis, les pèlerins de Chypre (), et Christophe et Paul (). Il y avait aussi Hugues, qui a suivi le blog tout du long. Ca faisait tout drôle de  ne pas être seuls, et de ne pas avoir de sac. Moyennant quoi, on s’est retrouvés assez rapidement un peu trop en avance sur le programme.

IMGP4109Le long du chemin, on a ramassé des gens qui passaient dans les parages (quelle chance), une cousine par-ci, un Frère G. par-là, des parents, une sœur, des enfants, une Sainte Vierge de Pellevoisin.

la cousine par-ci

la cousine par-ci

le Frère G. par-là

le Frère G. par-là

une soeur (devine de qui), des gens

une soeur (devine de qui), des parents

des enfants nés en notre absence

des enfants nés en notre absence (quels petits mal élevés)

une Vierge de Pellevoisin

une Vierge de Pellevoisin

Pour boucler la boucle, on était une grosse vingtaine, sous une averse, à chanter avec force dans les rues du village, et c’était super chouette.

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On est passés devant le carrefour où, plus de 9 mois plus tôt, sous une chaleur un peu écrasante, on avait bifurqué. Je m’y suis revue, j’ai eu le vertige, comme si c’était il y a très longtemps et avant-hier en même temps, à la fois très précis dans la mémoire et projeté dans le lointain par la quantité énorme de souvenirs qui se sont glissés entre nos deux passages à cet endroit.

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A ce carrefour, il y a une grosse croix de bois. J’avais oublié.

On était à la fois tristes et contents, indifférents et submergés, pleins de reconnaissance et de nostalgie, avec plein de gens qu’on aime et en manque des absents, Anne-Persil et sa troupe (, ou ), Aladdin (), Frère Paul (),Yannick et Henda (), Ollivier et Rachida (), Alphonsine (), Etayôs (), Damiano (), Annachiara (), Andrea et Roberta (), les mémés du sanctuaire de la pluie (), et tous les autres, du type de Briançon en passant par Lora et les Colonna.

Le sanctuaire, et son recteur, Frère Jean-Elie.

Le sanctuaire de Pellevoisin, et son recteur Frère Jean-Elie.

Pour la messe qui a suivi, on était 10 de plus, dont Marie-Solange (). On a remercié beaucoup pour ces presque 300 jours de pèlerinage, ces 10.000km environ. La Ste Vierge avait bien fait son boulot : on a été sacrément protégés, quand on regarde bien. Après la messe, il y avait une grande fidèle du blog qui est venue nous dire bonjour, et puis la mère de ma petite filleule née la veille de notre arrivée en Terre Sainte, qui a bondi dans la salle comme un diable hors de sa boîte en hurlant ‘j’ai-raté-la-messe-je-suis-une-bouuuuse !’ avant de se jeter sur nous, et avant que les enfants ne se jettent sur elle.

Après ça on est restés un peu, pour essayer de poser les valises et réaliser qu’on venait de terminer officiellement notre voyage (officiellement parce que, dans la vraie vie, on sera pas chez nous avant 3 semaines). Ca n’a pas marché du tout. On n’y arrive toujours pas très bien. On est un peu perdus, en fait.

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Ouhouh, Saumon, t’es perdu toi aussi ?

Cependant, qu’on le veuille ou non, c’est fini, et donc, merci.

Merci à toi qui nous as lus, et qui as fait grimper les stats du blog, parce que c’était bon pour le moral. Merci à toi qui as commenté les billets, les twitts, écrit des petits messages qui ne recevaient jamais la réponse qu’ils méritaient, parce que c’était un soutien énorme et délicieux. Merci à toi qui as prié pour nous. Et aussi, merci mon Dieu. On est rentrés entiers, un peu plus riches de choses essentielles, un peu plus pauvres en sous et en trucs inutiles (enfin on espère), un peu grandis.

Maintenant – c’est Michèle et Alexis qui nous ont mis le doigt dessus – la question est : ‘comment porter du fruit ?’.

Aucune idée.

IMGP4144Ou si, une :

Le samedi 5 juillet, dès l’après-midi,

Chez nous (dans ce coin-là)

Viens donc en débattre autour d’un agneau rôti et d’un bon verre de ce que tu veux.

On va faire simple : écris-nous un petit message via le formulaire ‘Ecrivez’ si tu veux venir, on t’enverra l’adresse, le vague programme, et les  détails qui vont bien. Tu es tous bienvenu.

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Viendez les amis.

Et puis, je ne sais pas s’il y aura une prochaine. On va doucement clore l’année scolaire, se signaler auprès de l’inspection académique, ré-inscrire les enfants dans des écoles, prendre un abonnement internet, une ligne de téléphone, ouvrir les cartons restés en plan ; le divin Ulysse va se préparer à réintégrer ses fonctions au service de la France, et je vais tâcher de retourner à mes pinceaux.

Mais on est sûrs d’une chose : on retournera marcher. En famille si on peut.

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Je crois qu’on a chopé le virus (et je crois aussi qu’on espère être contagieux).

Voilà.

Voilà.

A...

A…

...la...

…la…

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… Ah non. Zut.

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Le Bonheur

(dédié à T.Yannick – à qui j’avais promis que j’écrirais un nouveau billet)

Je me suis souvent demandé ce que c’était que le bonheur.

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La société d’aujourd’hui encourage plutôt à penser que le bonheur se trouve dans la consommation matérielle, les jeux vidéo, la télévision, le nouvel iPad Air, les pantalons jusqu’au chevilles, les leggings si moulants qu’on dirait des collants (sans jupe), les rumeurs à Hollywood, Nabilla, les Anges de la téléréalité, dans le plaisir charnel.

Eh bien, grâce à ce voyage, je peux garantir que le bonheur dépend de bien autre chose.

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Tout d’abord, de la prière.

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Prier aide beaucoup.  Ça sert toujours à quelque chose de prier. Le Ciel nous aide toujours, quelle que soit la demande. Ça n’est pas un vœu qui s’exauce en un claquement de doigts, bien sûr, mais une demande, une question  à laquelle le Ciel répond et nous, on réfléchit.

Maman me disait toujours que « Dieu a trois réponses à ta demande : « Oui », « Pas tout de suite » ou « Attends, j’ai encore mieux pour toi » ».

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A plusieurs reprises, j’ai pu constater que c’était vrai.

Mais il y a quand même un petit souci qu’on a tendance à avoir – et quand je le dis je me vise tout particulièrement – c’est qu’on pose une question, mais on n’entend pas la réponse. En fait, le vrai terme, c’est que l’on n’écoute pas la réponse. Bien sûr, tout le monde ne peut pas vivre comme Saint Benoit ou Saint Antoine d’Alexandrie, ou même comme certains religieux qui passent leurs journées en cellules ou dans le silence pour bien écouter cette réponse. Seulement, Dieu s’arrange toujours pour nous répondre d’une manière ou d’une autre ; il s’adapte à notre condition de vie, notre condition, nos vocations. J’ai mis beaucoup de temps à réaliser que Dieu me parlait dans toutes sortes de choses.

C’est de là que j’ai compris que Dieu n’a pas besoin de grandes choses pour nous faire passer un message.

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Il n’a pas besoin d’une apparition (enfin pas nécessairement, peut-être faisait-il ça pour les gens vraiment aveugles), de parler d’une voix forte (sans doute aussi pour les gens un peu sourds) comme il l’avait fait au baptême de son Fils ou d’envoyer un deuxième fils pour qu’il nous réponde. Non, non.

Il n’a pas vraiment besoin de ces choses-là. Il le fait dans des choses très simples. Une panne de voiture, une assiette qui casse, une attention particulière pour un mot particulier dans l’Evangile du jour, par exemple.

 

Ce genre de petites choses.

Ce genre de petites choses.

Comme je l’avais raconté dans mon dernier billet, le chapelet aide aussi beaucoup. On se rapproche du Ciel, on se sent mieux, après. A Jérusalem, on avait promis qu’on réciterait un chapelet tous les jours. On n’a pas encore réussi à tout respecter tout le temps mais, avec l’aide de  Dieu, on arrive à tout…

Pour ceux d’entre vous qui râlent sûrement parce qu’ils n’ont jamais le temps entre le travail, la famille, le footing du matin, etc., j’aimerais juste raconter une petite anecdote.

Mère Teresa, quand elle était à Calcutta, avait organisé une heure d’adoration dans la journée. Un beau jour, quelques-unes de ses sœurs sont venues la voir en disant qu’elles n’arrivaient pas à prier une heure, parce qu’il y avait trop de travail, et qu’il fallait diminuer le temps d’adoration. Mère Teresa a longuement prié, et puis elle a répondu :

– Puisque c’est comme ça, ça ne sera pas une heure, mais deux !

Et il est vrai que ses sœurs ont réussi à prier deux heures et à faire tout le travail en une journée à partir de ce moment-là.

Je me suis longtemps demandé comment c’était possible.

C’est un mystère parmi bien d’autres.

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Ensuite, le bonheur dépend aussi de l’amour.

Pas de l’amour dont la société parle, qui est un amour charnel, plutôt un plaisir qui vise d’abord à nous satisfaire nous, notre ego, ou notre orgueil. Pas ce genre d’amour-là.

Je veux parler de l’amour qu’on reçoit autour de nous, d’un mari ou d’une femme, des enfants et petits-enfants (pour les adultes), de nos parents, de nos frères et sœurs, de nos parrains-marraines, oncles et tantes, de nos amis, de notre entourage…  d’Amour fraternel, voilà ce dont je veux parler.

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Cet amour-là, c’est un Don. L’Amour véritable, avec un « A » majuscule, c’est l’amour qu’on donne. On n’aime pas pour soi (ou pas que).

Ce qui nous ramène à la prière :

Dieu seul est capable de nous fournir tout l’amour dont nous avons besoin : il nous aime tellement qu’il est allé jusqu’à sacrifier son Fils sur une croix. Ce que m’expliquait Papa, c’est que nous, avec notre condition humaine, nous ne pouvons pas donner autant d’amour que Dieu donne, donner autant de bonheur autour de nous comme Dieu donne, etc. Mais il nous a crées à son image ; nous sommes donc ses instruments, ses instruments à aimer, à donner et à recevoir l’Amour.

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Mais dans l’Amour se cache une autre facette du bonheur : les efforts. Les petits efforts comme les gros, ceux de tous les jours, avec tout le monde. Ce que m’expliquait un prêtre, quand j’étais plus petite, c’est qu’un effort, c’est un point de plus pour Là-haut. Une pièce de plus dans notre trésor. Faire des efforts, c’est une partie différente de l’Amour parce que cette partie-là fait mal.

(mal, mais pas toujours)

Et c’est parce que ça fait mal que c’est beau, et riche. Le vrai amour se traduit par le plaisir, la joie d’être ensemble etc., bien sûr, mais aussi par le don des efforts, par la souffrance (Jésus s’est bien fait crucifier sur une croix, parce qu’il nous aimait….). Le message des efforts, c’est : « Je t’ai rendu ce service parce que je t’aime. Parce que je veux te donner mon amour à travers ces petits services qui me coûtent ; et la douleur de ces sacrifices, je te l’offre. ».

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Comme Papa, qui a sacrifié un an de sa carrière…

C’est un peu ce que disait et faisait sainte Thérèse de Lisieux : donner de l’Amour à travers les petites choses. Dans le poème qu’elle avait écrit, elle disait : « Et pour donner du prix à tous mes sacrifices ; oui je veux les jeter jusqu’en Ton divin Cœur ».

On pense souvent qu’il faut donner avec des grandes choses ; le martyr, ou d’autres choses terriblement belles. Pas complètement. Bien sûr, bien sûr, ces grandes choses-là sont très belles. Mais il n’est pas nécessaire de chercher midi à 14 heures. Si on n’y arrive pas, rabattons-nous sur les petits sacrifices, et mettons-y tout l’Amour dont nous sommes capables, dans ceux de tous les jours, à tout le monde.

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« Et pour donner du prix à tous ces sacrifices », demandons tous ensemble à Dieu de nous donner d’évangéliser comme l’ont fait les apôtres, partout autour de nous, de prier les uns pour les autres et de distribuer cet amour dont il nous fait grâce.

24 février.

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3 mai. Le bercail.

Tout à coup, 48h avant la frontière, les enfants ont craqué.

Il ne neigeait pas sur le Lac Majeur, il pleuvait. Mais les oiseaux-lyres étaient en pleurs.

Il ne neigeait pas sur le Lac Majeur, il pleuvait. Mais les oiseaux-lyres étaient en pleurs.

Et comme toujours, c’est Sardine qui l’a exprimé le mieux : ‘Je voudrais retourner comme on était en Crête’,  autrement dit : quand on était tendus vers un but, au mieux du dépouillement et du nulle part, de la dépendance aux autres et de la liberté, de l’effort physique et de la nourriture frugale. Au plus près de ce qu’on visait, au plus grand, au meilleur de l’aller vers Jérusalem.

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Aucun de nous n’a envie de rentrer (familles, amis, pardon, on vous aime, pourtant, hein). Ca se manifeste par tout un tas de petits signaux pénibles, des malades, des disputes, de la fatigue, du cafard, et malgré tous nos efforts, l’ambiance est un peu morose. On savait bien qu’il faudrait aussi faire le deuil de ce voyage, le passer derrière nous, mais je ne pensais pas que ce serait venu si vite : on n’est même pas encore arrivés. On doit d’abord remercier pour ce qu’on a reçu, plutôt que nous désoler de ce qui s’arrête. On doit abandonner ce retour au Chef, qui saura quoi en faire, plutôt que de courir après un souvenir condamné à s’éloigner. Et puis on a encore des choses à vivre : malgré tout, la rentrée, c’est dans 4 mois. Voilà en gros ce qu’on a essayé de dire pour consoler les effectifs.

(Ravenne)

(Ravenne)

Il faut continuer, telles les méduses, à se laisser porter par le courant, pourvu que ce soit le bon : celui qui nous a fait passer à Venise le jour-même de la St Marc (on s’en est rendu compte en s’incrustant par hasard dans la basilique éponyme ; on passait par là, pouf, messe solennelle, chorale de dingue, indulgence plénière, bénédiction géante et tout, c’était fantastique) ;

La basilique St Marc de Venise.

La basilique St Marc de Venise.

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Toute la journée en a été illuminée.

Toute la journée en a été illuminée.

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celui qui nous a conduits, via la Vallée de Sion (oui. C’est en Suisse. On n’a pas fait exprès, là non plus), pour notre dernière soirée hors de France, chez Alphonsine, son mari et quelques-uns de leurs enfants – rencontrés via le blog – pile le jour de leur anniversaire de mariage.

C’est tombé comme ça, ça contenait son lot de petits messages discrets de Là-Haut, pour eux comme pour nous, et c’était profond et gai. C’est chouette, d’être un message de Là-Haut pour quelqu’un, quand même.

(Gruyère)

(Gruyère)

(C'est en Suisse)

(C’est en Suisse)

(Le Lac Léman)

(Le Lac Léman)

Et puis on a passé la frontière, et on est allés se réfugier tout de suite chez un ami cher qui habite là. Ce sas de décompression est important : on marche en montagne, on trouve des morilles, on parle d’autre chose, on voit des gens, on raccroche le train habituel avec notre wagon en plus. Enfin je crois.

L'ami cher.

L’ami cher.

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Le parle d’autre chose.

Les morilles (merci sois-Tu, Seigneur).

Les morilles (merci sois-Tu, Seigneur).

Dans une semaine, c’est la dernière étape, à pied, celle qui nous ramènera au point de départ. Déjà. C’est vertigineux.

S’il y a des gens qui veulent, le samedi 10 mai, on partira à 9h (pétantes) de l’église de Châtillon-sur-Indre () pour 25km vers Pellevoisin. Il y aura une messe d’action de grâces à 16h au sanctuaire (et on n’a pas le droit d’être en retard, y parait) (évidemment, prévois donc ton manger et ton boire, ton k-way s’il le faut et tout ça – on va prier la Vierge pour qu’il ne pleuve pas mais, tu sais bien, le Ciel peut être facétieux – et pour ramener tout le monde aux voitures, je sais pas, on trouvera bien un truc).

Par ailleurs, je te vois venir : ça fait pas un an vers Jérusalem. En effet. Presque. Enfin, pas tout à fait. Bon, zut.

Voilà.

Voilà.

A...

A…

...la...

…la…

... prochaine.

… prochaine.

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